Un hiver à Venise

Je découvrais Venise le temps d’un week-end hivernal de janvier. Une Italie enneigée et presque sans les foules de touristes, une occasion rêvée pour arpenter les places et les canaux déserts de la Cité des Doges. Embarquez avec moi pour une escapade froide et singulière a Venezia

Nuit. Du hublot de l’avion, la lumière des villes disparait pour laisser place à la noirceur de la lagune. A l’aéroport Marco Polo, c’est dans un froid glacial qu’il faut attendre le bateau-bus qui m’emmènera au coeur de la Sérénissime.

Au rythme des vagues, la traversée, cette route de la soie, est silencieuse, bercée par la torpeur nocturne. Soudain surgit une faible lumière, puis deux, puis dix, puis une multitude, je n’avais pas remarqué les ombres magnifiques des palazzi et arrive enfin à discerner les premières lueurs de leur grandiose architecture. Enfin, Venise…

Venise 2

La nuit est embrumée par tous les possibles du voyageur, tous ces lieux qui s’offrent à moi, dans la frémissante attente d’explorer. Au réveil, par la fenêtre, stupéfiante surprise ; Venise est sous la neige. Toute la ville, à cette heure encore candide, est immaculée et plonge dans un mystérieux brouillard. Le contraste neigeux et lumineux avec les vifs ocres de la ville est saisissant, unique, presque romantique. Il n’y a personne dans les rues, tous sont encore dans leur hôtel, les gondoles dorment toujours… perdons-nous dans ce dédale, passons par les canaux les plus étroits, par les ponts délabrés, par les portes dérobées !

Mes promenades dans Venise me mènent à travers les rues labyrinthiques, longtemps, sans jamais croiser la ferveur des grands sites touristiques. Ainsi j’aime à me perdre dans cette somptueuse cité et en découvre le goût privilégié pour la beauté. Alors que chaque maison, chaque façade, chaque fenêtre, chaque ornement, semble doté de la finesse du peintre, la palette des ocres s’étend dans les nuances les plus subtiles. Partout ; une sculpture, une fontaine, une église, un palais ! Mais lointain est le temps où ces marbres resplendissaient d’or et de richesses, l’oeuvre du temps et de l’eau embrume peu à peu le beau visage vénitien… sfumato.

Puis vient le temps des incontournables, ils se nomment Soupirs et Grand Canal, Doges et Saint Marc ! Une évidente et inspirante beauté émane de ces lieux, et résonne invariablement la fabuleuse histoire de la Cité des Eaux entre art et commerce, politique et grands seigneurs. Place Saint Marc, je ne peux m’empêcher de penser aux Noces de Cana de Véronèse, le campanile, les antiques colonnes, l’ivresse de la scène ; tout dans cette toile me semble incroyablement vénitien, et je rêve de ces fêtes somptueuses à l’âge d’or.

Veronese,_The_Marriage_at_Cana_(1563)

Ô Venise, il me reste tant à découvrir en ton sein, sur tes îles multiples, et tes canaux cachés ! Mais le temps me presse et je dois quitter l’Italie adorée, puisse le Lion veiller sur la cité.

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