L’Orientalisme, Sidonie Lemeux-Fraitot

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L’Orientalisme, Sidonie Lemeux-Fraitot,

Citadelles & Mazenod, 2015


Les Beaux-Livres sont fascinants, toujours dans leur écrin éditorial luxueux, ils siègent, éternels, de leur volume olympien dans d’illustres bibliothèques et dans les singuliers rayons « Beaux-Arts & Architecture » des librairies. Passant au crible de la plume et de la palette les mouvements picturaux et les arts, la maison Citadelles & Mazenod, pionnière dans le domaine, a su rendre le Beau-Livre littéraire et moderne. J’ai eu la chance d’ajouter à ma bibliothèque, si peu illustre soit-elle bien que fort remplie par la grâce des bouquinistes et des auteurs de talent, un volume consacré à l’Orientalisme, un courant définitivement passionnant et envoûtant.

Les fastes du bibliophile commencent dès que l’on se saisit du vélin, au touché granité de la reliure en toile et au glaçage satiné du papier.

Sous le pinceau des maîtres au nombre desquels trônent Ingres, Delacroix, Gérôme et Vernet, tout critiqué par Baudelaire fut-il, la chaleur épicée du bazar, l’étuve des bains et les plis fastueux des tissus s’animent. Chameaux, voilages, mamelouks, émirs, turbans, palmiers, romantiques ruines, senteurs, mosaïques, coupoles, harems et odalisques, ce livre est une perpétuelle invitation au voyage oriental.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.

Dans ces décors somptueux, sous le crépuscule de Constantinople et l’ombre nocturne des pyramides, on ne peut cesser d’arpenter les pages encore et à jamais en quête d’une teinte inconnue de soleil et d’un reflet insoupçonné de la mer. Sans omettre de croiser au détour des toiles, des huiles et des acryliques, d’imminents personnages ; de Napoléon aux vizirs et sultans, en allant s’aventurer jusqu’au pied du grand Sphinx.

Au sein d’un plan chronologique, Sidonie Lemeux-Fraitot à la clarté de la langue et de la littérature, détaille l’évolution et l’histoire de la conquête picturale de l’Orient, de l’Atlas maghrébin jusqu’aux confins du Bosphore. Toujours à la lumière d’une bibliographie littéraire pertinente, les tableaux reproduits sur le papier vernissé s’enlacent avec Balzac, Chateaubriand, Dumas, Lamartine et tant d’autres !

Chaque page est une errance toujours plus à l’Est… Là sur les berges du Nil. Ici chez les ambassadeurs. Là bas encore dans l’intimité du harem. Point un moment, point un extrait qui ne soit illustré d’une oeuvre, croquis ou chef d’oeuvre, d’une occasion unique de côtoyer les maîtres et les artistes inconnus.

A mon tour, en baudelairien passionné et en orientaliste extasié, je ne saurai que vous inviter à ce voyage de papier et de couleurs d’une richesse grandiose !

En somme, cet ouvrage s’offre à vous tel le dos de l’odalisque au Bain turc d’Ingres, délicat, mystérieux et désiré ; beauté véritable.

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Le Bain turc, Jean-Auguste Dominique Ingres, 1862, huile sur bois, Paris, Musée du Louvre

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