Trésor, Alecia McKenzie

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Trésor, Alecia McKenzie,

éditions Envolume, 184 pages, 2016


Mrs Evers n’avait pas toute sa tête et appelait tout le monde « trésor ». Mais elle n’avait qu’un Trésor, sa fille Dulcinea. Un Trésor de fille à la vie des plus atypiques et un Trésor de livre à la couverture revêtue d’une nacre doucereuse et d’un agréable papier.

Ce roman est l’histoire retracée de Dulci, artiste reconnue venant de mourir. Récalcitrante à l’école et olibrius accomplie. A la première personne Cheryl, sa meilleure amie, se souvient des jeux quand elles étaient enfants, de son ascension artistique, de ses aventures à New York. Cheryl accompli ce dernier pèlerinage de la vie tumultueuse de Dulcinea, le dernier voyage, la quête de l’éternelle liberté : disperser ses cendres dans la dualité la plus significative : la moitié dans la Jamaïque qui l’a vue naître et l’autre aux Etats-Unis qui l’ont vue grandir artistiquement.

Chacun à leur tour, des personnages hauts en couleur dépeignent le portrait singulier de Dulcinea, aiguisé par des rencontres et des tranches de vie. Mais l’histoire de cette femme est mystérieuse et si la narration de Cheryl nous révèle son enfance, les secrets et non-dits fusent à travers les pages. Enigmes et portraits non seulement de Dulcinea mais aussi de ses proches apparaissent progressivement pour le plus grand plaisir du lecteur qui cherche à élucider la vie turbulente de ces phénomènes.

Entre la Jamaïque et les Etats-Unis, les cultures insulaires et citadines se rencontrent et proposent un vrai contraste. C’est avec attrait que l’on se plonge volontiers en Jamaïque, pays à l’identité forte, à la cuisine délicieuse mais aussi ravagé par ouragans et tempêtes.

La plume est simple et fluide, et parfois s’autorise des pointes d’humour : des cendres funéraires dans une bouteille de bière manquent d’être piétinés par la foule d’un aéroport. Cheryl est donc la narratrice et s’adresse à Dulcinea à la deuxième personne, comme si elle était là, coincée à moitié dans sa bouteille de bière, une merveilleuse oraison funèbre, signe d’une amitié éternelle.

Trésor est une double surprise, un écrin travaillé et une plume maitrisée. Somme toute, une agréable lecture aux côtés des effluves du poulet jamaïcain, du rêve américain et d’un parfum indicible de liberté.


En partenariat avec les éditions Envolume

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3 Commentaires

  1. Quenouille

    Cette chronique est très émouvante, certainement l’ouvrage le plus touchant que tu nous aies offert, Roi. C’est avec plaisir que je me plongerai dans cette ouvrage, qui m’a déjà presque mis la larme à l’oeil…. 🙂

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  2. Caro

    Waouh ! Quelle plume toi aussi !
    Une merveilleuse chronique qui donne envie de lire !
    Merci à toi Roi Carotte 🙂

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  3. aurelieblc

    Tu as eu la chance de le lire *-*

    Aimé par 1 personne

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